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61 ans après, la communauté internationale et les dirigeants malgaches se sont enfin rendus compte que C'EST la solution de santé public pour désenclavé la ruralité malgache, où les infrastructures n'existent plus par rapport à leur état initial au moment de l'indépendance !
On se congratule d'avoir réinventer le fil à couper le beurre !
Cela fait un an déjà que le Dr François-Marie Michaut nous a quitté.
Je tiens à lui rendre hommage ce mois-ci car non seulement il a consacré beaucoup de son temps à nous partager tant de bonnes choses sur son site EXMED ; mais en plus il nous a invité en permanence à revisiter notre esprit critique face à l'actualité médicale ou non.
Sans oublié ses fameux "L'OS COURT" !
A cela s'ajoute sa passion pour la culture malgache et les malgaches :
Salama c'est la manière de se dire bonjour. Mais salama signifie "Êtes-vous en bonne santé" ou encore "Restez en bonne santé".
Par contre quand on se quitte on se dit veloma ce qui ne signifie pas "adieu" mais plutôt "restez en vie".
Heureusement que ces salutations sont bienveillantes... C'est tout ce qui reste dans un pays où le service de santé est moribond et les hôpitaux des mouroirs. Et ce n'est pas la faute du personnel médical mais plutôt de la politique gouvernementale qui n'y met pas les moyens.
Deux
cinquantenaires marquants ont été célébrés cette année à Madagascar :
celui de la révolution de mai 1972, qui vit la jeunesse étudiante se
soulever contre la persistance de l’influence de l’ancienne puissance
coloniale, la France ; et celui de Mahaleo,
le groupe de musique le plus populaire de l’île, dont un album est
disponible en digital depuis septembre 2022 (Mahaleo en concert (1)). En réalité, l’un ne va pas sans l’autre : Mahaleo (« libre », « indépendant » en malgache) est né dans l’effervescence de mai 1972.
Lorsque le mouvement a commencé, Bekoto, Charle, Dadah, Dama, Fafa,
Nono et Raoul, lycéens, se sont trouvés réunis pour animer, avec leurs
guitares, les piquets de grève rassemblant étudiants, élèves et
travailleurs dans leur ville. « Nous avons des idéaux, chantent-ils alors en malgache, nous ne nous tairons pas tant que vous n’aurez pas satisfait nos justes revendications. »
Depuis, Mahaleo n’a plus jamais quitté la scène. Au fil des décennies,
marquées par plusieurs crises politiques aux conséquences sociales
tragiques, le groupe a conçu des centaines de titres et offert
d’innombrables concerts, dont beaucoup ont duré des journées entières.
Les liens tissés avec les Malgaches sont tels que certains morceaux du
groupe sont aujourd’hui régulièrement chantés à l’unisson lors des
réunions familiales et amicales.
Le succès de Mahaleo, qui a fait l’objet d’un film documentaire en 2005 (2),
repose à la fois sur un style mélangeant folk et polyphonie, et sur des
textes qui racontent le quotidien tout en abordant des thèmes
universels comme l’amour, le deuil, la pauvreté, le pillage des
ressources naturelles, les élites dirigeantes qui comptent leur argent,
la nécessité de se révolter contre ceux qui écrasent… « Les Mahaleo ont la vertu de compassion, antra en malgache, qui peut se traduire par “garder un cœur quoi qu’il arrive” », observait la sociologue Janine Ramamonjisoa en 2005. « Ils
lisent et disent la société malgache. Ils ont créé quelque chose qui a
du sens et qui perdure dans toutes les couches de la société », résume une de leurs fidèles auditrices (3).
Dama a été élu deux fois député (indépendant), en 1992 et 1996, et
s’est présenté à l’élection présidentielle en 2018. Mais Mahaleo a une
autre particularité : ses membres n’ont jamais fait de la musique un
métier. Raoul, Nono, Dadah sont respectivement devenus médecin et
chirurgiens, et ont exercé, par choix, dans le service public. Bekoto,
Charle et Dama ont étudié la sociologie et œuvré notamment pour les
droits des paysans, Fafa a été employé dans un ministère. Ces carrières
professionnelles, mais aussi leur attachement à leur pays et leur
indépendance d’esprit, expliquent leur quasi-anonymat sur la scène
internationale. Leurs deux concerts en 2007 à l’Olympia, à Paris, ont
surtout attiré la « diaspora » malgache (4). « Je nous vois, les gars, je nous imagine plus tard, vieux mais toujours ensemble, chantant encore, sans regrets »,
prophétise une chanson écrite par Dama en 1987. La mort est venue
faucher Raoul (2010) puis Nono (2014). La disparition en 2019, à deux
semaines d’intervalle, de Fafa et Dadah, l’un des plus grands poètes de
Madagascar, puis de Charle (2021) ont laissé Dama et Bekoto désemparés.
Quelle suite donner à Mahaleo, s’est longtemps interrogé Bekoto — dont
vingt titres emblématiques sont sortis en France en digital cette année (5) ?
Tous deux ont décidé de poursuivre l’aventure, fêtant leurs cinquante
ans de scène avec une série de concerts. Les fils, ceux de Nono, Fafa et
Charle, jouent et chantent avec eux.