dimanche 4 novembre 2012

Un esprit SAINT dans un corps malSAIN

Après l'article sur la souffrance des "faibles" à Madagascar, je tiens à vous partager mes réflexions, suite à l'écoute de l'émission dominicale "Les Racines du Ciel".

Écouter l'émission

Le titre de cette page nécessite explications, afin d'éviter tout malentendu.

Voici un Monsieur qui mérite d'être découvert pour la leçon de vie qu'il nous partage. La malchance a voulu que son corps soit souffrant - d'où le titre malSAIN... Tant pis pour ceux qui ne savent pas dépasser les apparences et qui ne toucheront pas à l'essentiel... 

Alexandre Jollien est pétillant de vie, de joie, de humour même si comme tout le monde il connaît aussi des moments difficiles...

Découvrir son site

Son dernier livre "Le Petit Traité de l’abandon" (Seuil, 2012) fait penser au fameux "lâcher-prise" souvent recommandé mais presque pas du tout appliqué !

De même, il met en valeur "l'autre" car focalisé sur notre ego nous mène tout droit où nous sommes tous déjà empêtrés.

Effectivement, cette "crise" que nous évoquons souvent en ce moment prend racine dans l'accaparement et le manque de partage avec l'autre...

Enfin la grandeur d'âme d'Alexandre Jollien réside :
  • dans son émerveillement devant ses enfants (nous négligeons les nôtres puisque nous leurs laissons nos dettes financières et psychologiques !)
  • dans la sacralisation de son épouse (parité non appliquée même dans une société moderne !)
C'est un bel exemple de résilience comme le dit Boris Cyrulnik, qui a intitulé un de ses livres "Un merveilleux malheur".

Je confirme qu'un des livres qu'Alexandre Jollien recommande est une pure merveille... 

Voir son commentaire
...  car j'ai eu le privilège de le lire, de rire, et de ne plus ÊTRE le même...

vendredi 26 octobre 2012

Santé mentale en population générale : Images et réalités

Le Pr. Marcellin Andriantseheno a participé à l'enquête réalisée par L'Association Septentrionale d'Épidémiologie Psychiatrique (ASEP) entre 1998-2000.



Afin de mieux aider ces sujets en détresse, ces travaux remettent en question le dicton malgache "Ny adalan'ny tena rakofan-damba", autrement dit : "On cache le malade mental de la famille" qui se contente, ainsi, de fuir le réel...   



Comme nous sommes tous concernés, voici un extrait du Rapport Définitif de la Première Phase :

  • La plupart des personnes connaît dans son entourage un "fou", un "malade mental" ou un "dépressif" 
  • Une grande proportion de personnes est déjà entrée dans un hôpital ou un service de psychiatrie (visite, travail ou hospitalisation)
  • En France, près de 30% des personnes interviewées déclarent avoir déjà pris des médicaments pour les nerfs (essentiellement des anxiolytiques), elles ne sont que 5 à 10% dans les sites de l’Océan indien.
  • En France, 5 à 15% des enquêtés déclarent avoir suivi une psychothérapie  ; aux Comores, à Madagascar et à Maurice, le recours aux pratiques religieuses et magico-religieuses est prégnant.
  • En cas de problèmes psychologiques, les personnes interrogées chercheraient d’abord de l’aide auprès de leurs proches, puis de leur médecin généraliste  ; le recours religieux et/ou magico-religieux est marqué aux Comores et à Madagascar.
  • Aux Comores et à Madagascar, ce sont d’abord les médecins généralistes et les recours religieux et/ou magico-religieux qui sont évoqués comme "alternative" essentielle à l’hôpital psychiatrique (sachant que peu, voire pas, de structures de soins psychiatriques sont disponibles dans ses sites)(...) L’hôpital psychiatrique n’est pas considéré comme un lieu de soins pertinent pour le "dépressif" (...) Aux Comores et à Madagascar ce sont en majorité les églises, les temples et les cabinets de marabouts qui sont privilégiés. 
  • Tout le monde pense que la famille d’un "fou", d’un "malade mental" et d’un "dépressif" souffre. C’est un invariant, quel que soit le site. 
  • La tolérance est ambiguë. Les représentations sont porteuses de stigmates mais les gens pensent que le "fou" et le "malade mental" sont exclus de leur famille, mais qu’on peut les réintégrer, s’ils sont soignés. 
  • Le "fou" c’est l’autre  ; le "dépressif" cela peut-être soi. Beaucoup de personnes interrogées connaissent un "fou" ou un "malade mental" dans leur entourage, mais peu se définissent comme tel ("fou" ou "malade mental"). Les descriptions de la "folie" et de la "maladie mentale" faites par la population, sont très proches l’une de l’autre.
  • Les troubles dépressifs (épisode dépressif majeur, isolé ou récurrent, actuel et/ou passé et dysthymie), présentent une prévalence globale de 14% (1334 personnes), se répartissant de 7,5% dans les Pyrénées Orientales à 22% à Tananarive (Comores  4,7%). (...) Les troubles dépressifs atteignent toutes les classes d’âge.
  • Quel que soit le site, les conséquences des troubles sur le travail et la vie quotidienne sont importantes et constantes. La gêne perçue dans la vie de tous les jours, le travail et les relations avec les autres est particulièrement forte chez les personnes présentant des troubles dépressifs (60% de ces personnes ont une gêne associée). 
Voici quelques recommandations  en terme de santé publique :

  • Aider les familles dans la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux
  • Agir sur l’environnement de la personne
  • Lutter contre la précarité, l’éclatement familial et favoriser la solidarité
  • Réfléchir au problème de la violence
  • Faire évoluer le système de soins 
  • Cesser de créer des structures de soins répétant l’enfermement, l’exclusion et la stigmatisation asilaire ou transformer radicalement les hôpitaux concentrationnaires
  • Former les acteurs de santé primaires à diagnostiquer et soigner l’anxiété et la dépression. Aider au dépistage.
  • Développer des collaborations étroites avec les médecins généralistes en première ligne
  • Respecter les particularismes locaux, en particulier les tradipraticiens et tolérer le pluralisme des prises en charge (car les résultats sont cumulatifs). 
  • Sensibiliser la population générale aux problèmes de santé mentale
  • Organiser des campagnes de promotion de la santé mentale
  • Lutter contre les perceptions négatives
  • Intégrer les usagers aux décisions les concernant
  • Promouvoir la recherche et les échanges inter-sites, inter-îles, inter-pays
  • Approfondir les données anthropologiques et épidémiologiques
  • Continuer les actions de recherche pluridisciplinaire
  • Mettre en place la télémédecine


DISCUSSION - CONCLUSIONS :  

  • Ainsi, nous pouvons constater que l'augmentation des richesses ne diminue pas les troubles mentaux.
  • L'idée d'une politique citoyenne de santé mentale peut être une référence pour une laïcité moderne dans un contexte où l'on voit bien comment la mondialisation réactive, dans une ultime résistance peut-être, le religieux plus ou moins fanatisé d'un côté et un individualisme réduit à sa capacité purement consommatrice de l'autre. 
Version complète consultable sur le site de www.epsm-lille-metropole.fr 

Article complémentaire sur ce blog datant du 14 juillet 2012

dimanche 23 septembre 2012

Croix Rouge Malagasy chez les Bara

La Région Ihorombe a bénéficié d'une formation dispensée par la Croix Rouge Malagasy entre le 19 et 21 juin 2012.

site de la Croix Rouge Malagasy

20 secouristes issus de 12 Fokontany de la commune d'Ihosy ont été formé par 3 moniteurs nationaux pendant trois jours.

Suite au congrès de décembre 2011 à Antananarivo, un bureau de « Jeunesse croix-rouge malagasy » est à la disposition des jeunes de 18 à 35 ans de la Région Ihorombe.

L'inauguration de celui du district de Iakora s'est passé le 8 mai 2012. Tandis que celui d'Ivohibe date du 18 juin 2012.

samedi 8 septembre 2012

Médecin & Responsable politique

Pr Marcellin ANDRIATSEHENO fait partie de ces médecins qui s'engagent pour leur pays, à double titre : 
  
1- en tant que praticien :
  • Docteur en médecine
  • Diplômé de Neurologie de l'Université de Bordeaux II
  • Maîtrise de Sciences biologiques de l'Université de Bordeaux II
  • Agrégé de Médecine (option Neurologie)
  • Professeur de Neurologie (Facultés Médecine Mahajanga et Antananarivo)
  • Ancien Chef du Service de Neurologie (Hôpital Universitaire Raseta)


2- en tant que citoyen :
  • Responsable du parti GASIKARAKO
  • Enseignant vacataire à la Faculté de Droit, d’Economie, de Gestion et de Sociologie, Antananarivo 

Site de Gasikarako

mercredi 5 septembre 2012

Evacuation sanitaire

On entend fréquemment dire "Madagascar, un des pays les plus pauvres du monde..."  Cela n'empêche pas l'existence de moyens d'évacuations sanitaires aux normes internationales et aux tarifs proportionnelles aux prestations proposées.


Pour en savoir plus
et cela depuis des décennies. Donc, il y a bien un potentiel de clientèles. Donc le pays n'est pas si pauvre qu'on ne le prétende... Juste une histoire de répartition à mettre au point...

samedi 25 août 2012

Atémisinine & Paludisme

Entre octobre 1995 et janvier 1996, faisant partie de l'équipe de recherche du pharmacien B. Pradines et du biologiste C. Rogier, j'ai eu l'opportunité d'effectuer des tests de résistance sur plusieurs molécules antimalariques.
Molécule d'artemether
56 souches de Plasmodium falciparum en provenance du Sénégal ont été isolées (seul P. falciparum pousse in vitro) et testées sur plusieurs molécules, dont l'artémisinine. 

Qinghao (Artemisia annua - en chinois) 

Aujourd'hui, loin de la salle de culture (type PII bis), je m'intéresse plutôt à la culture de la plante Artemisia annua.


Culture d'Armoise annuelle
Le taux d'artémisinine trouvé dans les plantes malgaches est plus élevé (entre 1,3% à 1,5 %) que celui trouvé dans d'autres pays (entre 0,8% et 1% en Chine).

Créée en 2005, la jeune société malgache Bionexx a démarré une culture à grande échelle d'Artemisia Annua dans la région de l'Itasy et plus exactement à Imerintsiatosika.


Pour en savoir plus 
Ayant une capacité de 3000 tonnes, l’usine de Bionexx à Fianarantsoa a utilisé 800 tonnes d’artemisia en 2011.

Il faut 1 tonne de matière pour avoir 5 à 1kg d’artémisinine. 
Le prix au paysan est de 750 Ariary le kilo.

Samedi 31 mars 2012, Bionexx a inauguré la ferme Faharetana d'Antongona Imerintsiatosika. Elle emploie 500 journaliers (1000  en période de récolte) pour un salaire de 3000 Ariary/jour. Rabaonarivelo Malasoa, chef du fokontany de Morarano, constate la création d'emplois depuis l’arrivée de Bionexx.

Bionexx ambitionne de faire de Madagascar, le leader de fournisseur d'artémisinine d'ici 4 ans. D'après Charles Giblain, PDG de Bionexx, la société occupe actuellement 25% du marché mondial.

Un litige foncier sur le site de Faharetana remet en question l’accroîssement de la production de l'usine de Fianarantsoa. 
Ici encore surgit le problème du foncier à Madagascar...

Lire l'article

Santé et développement :
    Mis à disposition du public local dès octobre 2010, malheureusement, les médicaments à base d'Artémisinine sont trop chers pour les faibles revenus des malgaches.


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Mise à jour de l'article ce 21.03.2017 :
(lire l'article)
 "À Madagascar, le Fléchois Charles Giblain produit de l’artemisinine, principe actif tiré de l’artemisia annua. Dix mille paysans cultivent cette plante pour sa société Bionexx.

  Produite depuis l’Antiquité et répandue en Chine, la plante artemisia annua fournit aujourd’hui un principe actif, l’artemisinine, utilisé pour fabriquer la nouvelle génération de médicaments destinée à lutter contre le paludisme.

  Selon l’Organisation mondiale de la santé, cette maladie affecterait près d’un million d’adultes et d’enfants, dans le monde.

   Il y a onze ans, Charles Giblain s’est lancé un défi : produire à grande échelle la fameuse artemisia, sur l’île. Sa société Bionexx a mis au point un procédé permettant l’extraction et la purification de ce principe actif.

  À ce jour, près de dix mille paysans cultivent la fameuse plante pour le compte de Bionexx, sur plusieurs centaines d’hectares répartis sur différents sites, à travers l’île."



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Mise à jour de l'article ce 17.07.2018 :

(source)




dimanche 12 août 2012

Zébu, symbole médical

Décidément, ce bovidé tient hautement sa place dans l'histoire malgache, jusqu'à trôner au-dessus de l'insigne de la Première Compagnie Médicale, créée en 1947.  

source de la photo