dimanche 30 mars 2014

L'Assistance Médicale Indigène - 2

La montée en puissance de l'AMI est indissociable de l'action de l'IPM : Institut Pasteur de Madagascar.

Effectivement, c'est "Par arrêté 1582 du 17 mars 1898, GALLIENI, vu "les fréquentes épidémies de variole qui règnent dans la colonie et les nombreux cas de rage qui se sont produits à Madagascar" et dans "l’intérêt général" fait accorder un crédit pour la création d’un "Institut vaccinogène et antirabique à Tananarive". Reporté le 16 juin 1898, cet arrêté est finalement adopté le 16 août 1898 avec les considérants précédents mais en insistant sur les difficultés, d’une part de se procurer sur place la lymphe nécessaire aux vaccinations antivarioliques, d’autre part de diriger sur la France en temps utile les personnes supposées atteintes d’hydrophobie". (source IPM)


Le dévouement du personnel de l'IPM n'est plus à démontrer.



D'ailleurs, bon nombre de ces pasteuriens font partie de l'ANM. L'académie nationale malgache fut fondée par Galliéni.


voir l'article du Dr Rasolofonirina Noëlson
L'AMI et l'IPM ont contribué à la protection sanitaire des malgaches. 


    

Diverses campagnes de vaccination ont été mené de mains de maître.



(lire l'article)

La production locale des vaccins faisait partie des missions de l'IPM. C'était le cas par exemple pour la variole.


  
Madagascar fut, à maintes reprises, le théâtre d'épidémies de peste. 


                                 











L'IPM a toujours mis les moyens afin de juguler ce mal.


                                       
     


D'après ces vieilles photos, il faudrait mobiliser pas mal de mains d'oeuvre pour vaincre la peste. 

                         

Est-ce que l'Etat malgache met les moyens aujourd'hui pour éradiquer la peste ? Ce sera l'occasion de créer des emplois non ?

En attendant que la présidence trouve un premier ministre (et peut-être un ministre de la santé) l'IPM a encore répondu à l'appel pour combattre ce fléau.


Pathologie médiévale en occident, elle est toujours présente à Madagascar comme l'a si bien expliqué le professeur Christophe ROGIER, directeur de l'IPM d'Antananarivo. 


Cet agrégé de biologie, spécialiste de la malaria, fut un de mes patrons à l'IMTSSA.

Voici un autre reportage vers Ankazobe, toujours sur la peste.



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Mise à jour le 20.12.2017 :


   En ces veilles de fêtes de fin d'année j'aurai voulu faire un article plus gai cependant Exmed m'a ramené à la triste réalité que la peste reste toujours active à Madagascar.

(source)


"Madagascar fait face à une épidémie de peste depuis le mois d'août 2017. Nous avons oublié quel fléau redoutable ce fut au milieu du 14ème siècle chez nous. Peste noire ravageuse. Et puis, dormez braves gens, le bacille de Yersin a le bon gout de demeurer sensible aux antibiotiques les plus banaux. Alors, on s'en fout.

   Ce sont les rats malades qui ont envahi les grandes villes et contaminé les habitants vivant au même endroit qu'eux. Tout cela n'est pas d'un autre âge et nous incite à demeurer attentifs aux dangers des cohabitations humaines de plus en plus démesurées sur toute la planète. L'intelligence des rats et des micro-organismes n'est pas un mythe : en un éclair, à vue de nez, nous pourrions encore être empestés."
François-Marie Michaut





(lire l'article de l'IPP - Institut Pasteur de Madagascar)

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Mise à jour le 15.04.2018 :


Extrait du reportage d'ARTE.




                           

                    

       









vendredi 28 février 2014

L'Assistance Médicale Indigène - 1

   Dès fois, l'histoire nous réserve des surprises. C'est le cas des progrès de la chirurgie suite aux violences de la première guerre mondiale (les gueules cassées). Il ne s'agit pas ici de faire l'éloge de la guerre, ni de la chose militaire, mais seulement de revisiter l'histoire.

   Effectivement, le site de l'université de Provence qui est très riche en documentations sur Madagascar, fait allusion à la première guerre franco-malgache de 1883, comme fondement de l'AMI (Assistance Médicale Indigène). Le corps expéditionnaire français a essuyé de lourdes pertes face au paludisme ("général Tazo").

   Une fois la soumission installée, il fallait mettre en place un assistanat dans un souci de rentabiliser ce nouveau territoire. 


Organigramme de l'AMI - source "clio en afrique" 
   C'est ainsi que les indigènes ont pu bénéficier d'une médecine dite "moderne" pour la différencier de celle des tradi-praticiens (ombiasy).


   L'épopée de l'AMI a bien duré cinquante quatre ans (1896-1950), suite à l'arrêté du 11 décembre 1896, signée par Galliéni, fondant l'Ecole de Médecine de Tananarive. 

Programme hebdomadaire en 1896 (source E.R Brygoo, Bull.Acad. Malg. 1971)
   Ce vivier de médecins malgaches, situé d'abord à Ankadiandriana (d'où est sorti mon grand-père) a ensuite déménagé à Befelatanana (d'où est sorti mon père).

source "clio en afrique" 
   
   Quel était l'état d'esprit de ces étudiants par exemple lors des séances de dissection ?

   Rappelons qu'avant l'arrivée du christianisme, les malgaches partiquaient le famadihana. Ce rite de renouvellement du linceul fait partie intégrante de la culture malgache encore de nos jours.




   Petit à petit les médecins fraîchement formés sont affectés dans les diverses régions de l'île. Et c'est ainsi que mon grand-père rejoint son poste d'affectation à Benenitra en territoire Bara dès 1905.


Expansion de l'AMI
   L'hôpital d'Isoavinandriana fut le principal établissement hospitalier d'Antananarivo. 



   A Moramanga fut aussi construit un autre établissement hospitalier.



   La pharmacie centrale d'Antananarivo permettait d'accompagner ces missions sanitaires...


... par le biais des distributions de médicaments...



   Les bouteilles alignées sur la photo ci-dessus me rappellent : 
  • l'élixir parégorique préparé par mon grand-père dans un grand verre à pied jusqu'en 1968 ! Il s'agit d'un ancien antidiarrhéique à base d'opium, à l'odeur et la saveur camphrée.
  • le sirop de baume de Tolu, préparé par mon père, quand il a pris la relève.
   Dans les deux cas, ils le délivraient dans de petites fioles en verre, QSP (quantité suffisante pour) la durée du traitement. Pas de gaspillage !


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Mise à jour ce 22.10.2018 :

  "Le gouverneur général Ernest Roume créa l’Assistance médicale indigène (AMI) afin de fournir gratuitement des soins médicaux aux populations colonisées.


(lire l'article)


   

Cette autre article nous montre l'ambition démesurée de Galliéni...


(lire l'article)

   L'AMI soutenait aussi une politique nataliste...
(lire l'article)