mercredi 31 juillet 2013

Parasitoses à Madagascar

Ceci est le prélude d'une petite tentative de séries d'articles sur les parasites. Pas ceux qui sont sous les feux des projecteurs de l'actualité du pays (c'est-à-dire ces personnes peu scrupuleuses qui ont conduit le pays au désastre : l'Homo parasitus) mais les authentiques parasitos du grec ancien παράσιτος.  

Il n'est surtout pas question ici de "faire mieux" que les sites médicaux spécialisés en la matière, mais juste de partager quelques documents entre les mains d'un profane. Commençons par l'étude d'un cas clinique :

la BILHARZIOSE

Cette maladie connue communément par les paysans malgaches sous l'appellation phonétique belazôza (du moins dans la région du lac Itasy) se nomme de manière plus académique takilodrano

Ceux qui se sont déjà frotté au takilotra, ces "lianes très abondantes de la famille des légumineuses, takilotra ou agy, dont les cosses sont extraordinairement velues. Lorsqu'elles sont sèches, les poils se détachent et occasionnent des démangeaisons intolérables" ("Revue d'ethnographie et des traditions populaires" - Volume 3 - Page 182 - Maurice Delafosse - 1922) en savent quelque chose. 

Effectivement, au moment de la contamination par les fameux furcocercaires ou kakandio (Rajemisa 1985) ou sokoraty (lexique malagasy-malagasy -  SLP/MINESEB) en malgache, l'impression du contact avec un poil à gratter (takilotra) est mémorable.

Pour ma part, je me rappelle d'être contraint d'interrompre à contre-coeur, une partie de pêche miraculeuse et de sortir illico presto de l'eau, pour me gratter rageusement sur la berge. Était-il dû à une invasion de furcocercaires - dermite des nageurs ? Le doute est permis car mon compagnon de pêche ce jour, bien qu'ayant subit le même désagrément n'a jamais fait de bilharziose à Mansoni comme moi. Pour être plus précis, nous trempions régulièrement dans tous ces lacs et cratères de l'Itasy lors des parties de pêche et de chasse. Notons aussi que cette région est répertoriée comme à risque selon l'IPM.

Il y a une autre région où j'aurais pu me faire contaminer aussi. Il s'agit de Vohiposa, un bourg proche d'Ambohimasoa. Naïvement, en tant que jeune bachelier, j'ai fait ma lessive dans la rivière du coin pendant mon service national hors des forces armées en 1981. La bilharziose à Mansoni fait des ravages dans le sud malgache.

A l'issue de mon service malgache, je m'expatrie en France et le hasard a fait que je devienne sous-officier du service de santé de l'armée de terre. Après des années sans incidents médicaux je suis devenu sujet aux asthénies intenses en fin de journée alors que j'étais à l'école de laborantin de l'hôpital des armées Desgenettes de Lyon en 1989.

Hospitalisé en service de médecine interne, j'ai subi tous les bilans systématiques que j'ai vu en cours avec mes professeurs : Bilan sanguin complet, myélogramme, radiographie, échoabdo... 

Comme je n'avais "juste qu'une petite" hépatosplénomégalie et que tous les autres bilans étaient négatifs, le chef de service de médecine interne s'orienta vers la bilharziose, étant donné mes origines malgaches associées à mon long séjour dans l'île.

Tous les examens complémentaires étaient alors positifs :
  • sérologies
  • électrosynérèse et immunoélectrophorèse
  • rectosigmoïdoscopie biopsies (granulome bilharzien)
  • fibroscopie digestive
 
varices oesophagiennes grade II (archives de l'auteur)
Diagnostic : "Bilharziose hépatique à Schistosoma mansoni" 

Cette forme grave avec hypertension portale, débutant par une phase asymptomatique, aurait pu être fatale dès lors que les signes traditionnels se seraient manifestés : rectorragie ou hémorragie digestive.

Je suis pleinement conscient de ma chance inouïe d'avoir été bien diagnostiqué, alors que des milliers de paysans malgaches meurent dans les campagnes reculées des années après leur contamination ET AVOIR CONTAMINEs d'autres individus. 
cours de parasitologie 1 de l'auteur

cours de parasitologie 2 de l'auteur
S'en suivent alors les traitements médicamenteux classiques très efficaces mais assez épuisants. Effectivement, il fallait éliminer tous mes "petits locataires", ces parasites par de gros comprimés et qui m'assommaient par la même occasion !

Une fois déparasité, il fallait aussi réduire la fibrose du foie par une prise per os d'autres médicaments.

Une surveillance de l'évolution des varices oesophagiennes se traduisait par des fibroscopies trimestrielles. Au début très désagréables, les séances (sans anesthésie / juste pour 5mn) sont rentrées dans la routine jusqu'au jour où j'ai littéralement broyé les doigts du spécialiste quand il m'a introduit l'embout de guidage dans la bouche. Cette triste confusion s'est terminée par mes excuses désordonnées et acceptées par un légendaire flegme de ma victime.  

Dès lors que les transaminases et GGT sont redevenus normaux et que le tout semblait stabilisé (varices oesophagiennes toujours grade II) l'hépato-gastro et le chirurgien viscéral de l'hôpital militaire Lavéran m'ont proposé une solution préventive au vue d'une éventuelle hémorragie digestive.

Le choix de cette solution radicale s'est justifié car j'étais un sujet jeune (trentenaire) non fumeur, ne buvant pas, sportif.

Bien que je leur faisais entièrement confiance, la décision ne fut pas simple en tant que bon père de famille car il fallait prendre en compte les risques chirurgicaux classiques.

Très pédagogique, le chirurgien m'expliqua le déroulement des 8 heures de table d'opération. La thrombopénie à 80 000 plaquettes nécessite d'innombrables hémostases à réaliser au fur et à mesure.

schéma de l'auteur
L'opération s'est passée à merveille. Toute l'équipe s'est investie à fond. J'ai omis de vous dire au début, qu'un cas comme le mien est assez rare en métropole, si bien qu'il a fait l'objet d'une publication scientifique dans la revue de médecine tropicale des armées.

Après quinze jours d'observation et une fois les 11 agrafes enlevées, je rentre chez moi avec une belle cicatrice de 20 centimètres de long en forme de "S couché" sur l'abdomen.

Depuis, les transaminases et GGT sont normaux et aucunes varices oesophagiennes. Je maintiens toujours une bonne hygiène alimentaire pour ce faire.

Cette article n'est qu'un simple témoignage tout en rendant hommage à tous les intervenants qui m'ont rendu service. Pourvu que le service de santé le reste et ne devienne pas un business !

Enfin, comme je n'oublie jamais d'où je viens, j'ai une pensée omniprésente pour ceux qui ont moins de chance que moi à Madagascar et la conclusion d'un article sur la bilharziose résume bien le volet socio-économique que je n'ai pas encore traité : 

"L’eau constitue le facteur principal dans la chaîne épidémiologique de la bilharziose : L'éclosion des oeufs, développement et survie des hôtes intermédiaires, dissémination des furcocercaires infestantes, contamination de l’homme. Malgré les succès obtenus dans la neutralisation de certains foyers, la grande plasticité des relations entre les hôtes, les parasites et les mollusques explique que l’épidémiologie des bilharzioses soit en constant remaniement et que cette maladie soit loin de disparaître. Au contraire, dans certaines régions, elle est en pleine voie d’extension, dépendante du développement économique et social et donc favorisée par la mise en valeur de nouvelles terres pour l’agriculture, elle même tributaire des ressources hydrauliques, et par l’apport de main-d’oeuvre provenant de régions parasitées. De plus les énormes déplacements de populations humaines, qui s’observent plus particulièrement dans le monde défavorisé, rendent illusoire la prophylaxie de masse. Il est regrettable que le bénéfice économique attendu par les travaux d’irrigation soit compromis, entre autres, par l’extension de l’endémie bilharzienne."


Il ne m'a pas semblé déplacer de présenter l'association Kaicedrat ici, pour la seule et simple raison qu'un de mes bienfaiteurs continue dans cette voie avec eux.


découvrir l'association
_______________________
Mise à jour le 28.12.2016  :

   Le Pr BARRY MARSALL s'est rendu dans la région de l'Itasy...

"Juste avant la conférence, une descente sur terrain sera réalisée à Ampefy, en collaboration avec le ministère de la Santé publique en vue de déterminer le « taux de réinfestation de la bilharziose mais aussi de faire un suivi de la prévalence de la maladie ». Le cas d’Ampefy ne représente évidemment pas la prévalence globale au niveau du district, mais selon le communiqué des organisateurs de la conférence, la descente sur terrain devrait permettre de « connaître l’intensité de l’infection chez les échantillons choisis"


(source)

dimanche 30 juin 2013

Générique à Madagascar ?

Certains disent "La santé n'a pas de prix".
D'autres diront plutôt "La santé a un prix".
Enfin, plusieurs d'entre nous pensent "La santé à tout pris" pour ainsi dire "Mamy ny aina" ou "Précieuse est la vie"...

"Les intrants des systèmes de santé comprennent des ressources à la fois physiques et financières. Les concepts et les mesures liés à ces intrants jouent deux rôles distincts dans le Rapport sur la santé dans le monde 2000. Tout d’abord, ils sont importants pour l’estimation de l’efficience des systèmes de santé. Le Rapport sur la santé dans le monde 2000 utilise explicitement les dépenses de santé totales comme intrant global dans ses estimations de l’efficience, mais les dépenses ont été implicitement utilisées pour faire état de l’utilisation des ressources physiques destinées à améliorer la santé. En deuxième lieu, on a débattu des intrants des systèmes de santé selon les fonctions des systèmes de santé. Dans le cas des intrants physiques, le canevas conceptuel a abordé leur disponibilité (production de ressources) et leur utilisation (dans la prestation de services)." (source)

Force est de constater qu'à Madagascar, il y a bien une santé pour les nantis et une santé pour les laisser-pour-compte. Ces derniers ont souvent recours à la médecine traditionnelle pour soulager leur souffrance. Il arrive aussi que ces mêmes malgaches aux revenus très faibles ont recours à l'automédication et se fournissent auprès des petites étales au bord de la route. Ces fournisseurs sans éthiques sont de véritables mines de médicaments pirates, bien souvent sans principe actif.

Lors du FORUM DES MÉTIERS DU PHARMACIEN du 19 et 20 NOVEMBRE 2010 au Motel Anosy d'Antananarivo, le Dr LAFY Roger a fait une présentation sur le "Plan d'action du Ministère de la Santé publique malgache pour le secteur pharmaceutique public et privé" lors du dernier jour du forum à 9h10.

En mai 2011, le Dr LAFY Roger a mis en garde sur l'usage non encadré des soins par massage (traditionnelle) qui représente, de ce fait, un risque potentiel aux patients. Néanmoins, 387 masseurs sont déjà regroupés au sein de l'association nationale des masseurs, bien qu'il n'existe pas encore de cursus, ni de formation dans leur corps de métier. (source)

Enfin courant juin et juillet 2011, le Dr LAFY ROGERDirecteur de la gestion des intrants de santé, du laboratoire et de la médecine traditionnelle - DGILMT de Madagascar - est allé à à Ouagadougou au Burkina Faso pour voir un exemple concret de réussite en terme de système d'approvisionnement en produits pharmaceutiques.
Cette expérience est déjà vécue par les burkinabe grâce à la CAMEG qui est une centrale d'achat qui arrive à maîtriser son système d'approvisionnement.

site de la Cameg 
Où en est l'accès aux génériques pour la population malgache actuellement ?

vendredi 31 mai 2013

Candidats médecins au secours de Madagascar

Les médecins malgaches se sont toujours sentis concernés par le devenir de leur patrie. Ainsi, certains ont fondé des partis politiques, d'autres non.

Lire cet article

Dr. Alain Tehindrazanarivelo
lire "gazety enina"
Un de ces quatre médecins candidats a été l'Invité du Zoma. Il s'agit d'une émission télévisée locale, innovante car la journaliste Onitiana Realy donne la parole aux citoyens et permet de débattre sur tous les sujets, loin de la censure du temps des années Ratsiraka...

voir l'interview du 12.04.2013
Il s'agit du Dr Rolland JULES ETIENNE :
  • 54 ans
  • lauréat de l'université de médecine d'Antananarivo - Ankatso
  • a exercé en France
  • marié au Dr Ruphin Sylvie Soatiana ZAFISAMBO
  • président du parti MAFI (dont le vice-président est le Dr. Jonah Dominique RAKOTOARISON)
Voici un florilège de la prestation télévisée d'un potentiel président de la république malgache.

Ce qui est pertinent chez ce candidat médecin, c’est la notion de « sacrifice pour son pays ». (Séquence 28mn05)

Sa famille est bien installée en France. Le couple y exerce au titre de la médecine libérale, et leur trois fils  bénéficient d’une scolarisation plus que correct. Pourquoi alors prendre le risque de vivre dans son pays d’origine, où l’insécurité (sanitaire, scolaire, sociale) n’est plus à démontrer pour la diaspora ?

L’envie de sortir son pays d’origine du marasme semble expliquer cette décision. Quand on est déjà comblé, débarrassé des soucis des besoins vitaux et essentiels, là seulement on est disponible pour comprendre et de tenter d’aider les moins chanceux. C’est la même démarche que l’on retrouve chez les missionnaires, et qui explique par exemple la réussite du Père Pédro. Cependant ne soyons pas naïf : ici le succès est au rendez-vous, car il n’y a pas d’enrichissement personnel au sein de l’Akamasoa !

Ensuite, il n’a pas échappé à la question inévitable et récurrente de « l’insécurité ». (Séquence 27mn17)

Le Dr. Etienne a traité ce sujet de manière congrue. Pour lui, l’insécurité est à la fois cause et effet. La pauvreté vient de l’insécurité et crée de l’insécurité, dans le sens où les investisseurs ne s’intéresseront pas à Madagascar, tant que l’insécurité y règne. Il en est de même au sujet des dahalo (brigands, bandits et voleurs de zébus) auquel cas, l’armée est accusée d’exaction par Amnesty International, lors des tentatives de capture de Remenabila(Séquence 44mn51)

Quand la journaliste lui parle des 100 jours de grâce postélectorale des présidents fraîchement élus, (Séquence 42mn08) le Dr. Etienne Jules qualifie de  "menteur(euse) celui ou celle qui sera élu(e) et qui pensera que ce sera la fin de tous les problèmes dès leur investiture" (Séquence 37mn50).  Annoncer cette vérité dérangeante aux futurs électeurs est un risque que seul les candidats non démagogues osent faire.

Ensuite la journaliste lui demande l’
ordre de priorité, tout en lui rappelant la « perte des 40 000 emplois » suites aux dernières crise lors de la transition (Séquence 40mn00).

Pour ma part, c'est le risque des zones franches dépendant entièrement de la demande extérieure... Mieux vaut investir pour répondre aux besoins des malgaches... Au fait, de quoi ont besoins les malgaches ?


Plus loin la journaliste lui posera la question évoquant le manque d’expérience de la plupart des 41 postulants : « Fianarana ve ny fitatana firenena ? » autrement dit : « Est-ce un apprentissage la gouvernance d’un Etat ? » (Séquence 01h08mn22)

Si l’on analyse la totalité de l’émission, les propos du Dr. Jules Etienne évoquent un « pacte social » (Séquence 38mn23) d’un président « bien élu » sans tricherie, avec tous les malgaches, forts de leurs confiances et prêts à relever les manches pour le développement de tous. De même, le Dr. Jules Etienne a été clair en tenant compte des « besoins régionaux » (Séquence 38mn44), toujours dans le cadre de ce pacte social.


Il poursuit par la « consultation des syndicats » (Séquence 41mn15) dès sa prise de fonction ; tout en affirmant que la « discussion avec les syndicats de la santé est déjà chose faite » (Séquence 43mn10). Le Dr. Jules Etienne rappelle aussi que certains programmes existent déjà, malheureusement, il y a des lacunes au niveau de leur application par le pouvoir exécutif. (Séquence 41mn36)

Le Dr. Jules Etienne répond clairement que « tout est de l’ordre de l’urgence à Madagascar ». « Lahara-pahamehana daholo ny rehetra » (Séquence : 1h08mn48). Remarquons que cette question sous entend l’action unique d’un président seul, excluant la capacité et le travail de toute une équipe gouvernementale. Le président est le chef d’orchestre. Ensuite, il y a tous les ministres, les députés, les chefs de régions et tant d’autres collaborateurs. Madagascar ne manque guère de diplômés compétents. A mon humble avis, la difficulté du futur président(e) c’est d’exclure les corruptibles.

Un peu plus loin la journaliste lui demandera sa politique anti corruption (Séquence 1h01mn59) à laquelle il répondra que "les institutions sont déjà présentes – telles que Bianco… -  mais il ne sera plus question que seuls les citoyens seront concernés et que les gros bonnets y échappent…" (Séquence 1h02mn04)

Il poursuit par « Politika tako-bata na politika tip top ny teto » (Séquence 1h09mn) c’est à dire que jusqu’à présent, seule une politique de bricolage sans objectif à long terme a été appliquée ici.

La journaliste l’invite à « se mouiller un plus » en lui demandant alors « pourquoi le développement n’a pas été réalisé ? » (Séquence 48mn06)

Le Dr. Jules Etienne résume cette triste réalité par « l’absence de volonté politique » (Séquence 48mn27) alors qu’il est possible par exemple de multiplier les barrages hydroélectriques (Séquence 47mn51).

La journaliste évoque la dure réalité du quotidien des paysans - 75% de la population malgache. (Séquence  50mn17) Le Dr. Jules Etienne compte faciliter l’accès des paysans aux machines agricoles (Séquence 49mn20), de réduire les prix des intrants (Séquence 50mn34) tout en évoquant la chaine d’intermédiaires.
Plus loin il soulignera l’importance d’une politique de développement agricole auto suffisante (Séquence 1h03mn28) tenant compte du besoin mondial en matière première (Séquence 1h04mn10) et de conclure que l’importation de riz est suicidaire (Séquence 1hmn05)

La journaliste lui demande « comment motiver la scolarisation des enfants qui font des kilomètres le ventre vide pour accéder à l’école ? » (Séquence 52mn54)


Le Dr. Jules Etienne compte instaurer des « cantines scolaires » (Séquence 53mn41) 



La journaliste l’interroge sur le financement de ces projets et  sur l’endettement (Séquence 53mn41) et par exemple en 2004 Ravalomanana s’est heurté aux grèves des enseignants (Séquence 54mn29) De même, elle reposera la question « comment le faire » (Séquence 1h07mn05).



Pour le financement de tous ces projets, le Dr. Jules Etienne mise sur « un partenariat avec les investisseurs, associé à un encadrement, pour une autonomie au final » (Séquence 50mn06) et de rajouter « fananan'ny malagasy miverina amin’ny malagasy »  (Séquence 51mn13) c’est à dire « la richesse des malgaches reviendront aux malgaches » mais plus à une minorité seulement. Au passage, il évoque aussi le « fond souverain » qu’il compte mettre en place (Séquence 54mn37). "L’honnêteté" est indispensable pour ce faire (Séquence 1h08mn17). En plus, le Dr. Jules Etienne compte bien "réviser les contrats miniers" (Séquence 58mn53) 

La journaliste lui demande « qui seront les partenaires de Madagascar ? » (Séquence 1h09mn58) et lui demande « s’il a la double nationalité ? »

Le Dr.Jules Etienne demande à la journaliste que "si elle avait l’opportunité d’avoir la nationalité française, est-ce qu’elle l’aurait refusé ?" Après seulement, il a répondu que « s'il n’y a que la France, c’est comme si nous sommes encore colonisés » (Séquence 1h15mn25) et de poursuivre « l’heure est à la mondialisation, nous sommes ouverts à tous les pays » (Séquence 1h11mn25)

J’ai lu sur les forums cette suspicion, teintée de jalousie envers les bi-nationaux. Certains même excluent la part malgache et ne voient plus untel qu’en tant que français ou anglais… Je tiens à rappeler, que la diaspora (qui ne peut pas voter, même si certains n’ont que la nationalité malgache !) « n’a pas la tête dans le guidon » si je puis utiliser cette métaphore ! De ce fait, la diaspora peut avoir un peu plus de recul et peut avoir une vision pragmatique sans pour autant oublier la réalité malgache. La diaspora ne sert pas uniquement à ramener des cadeaux aux compatriotes, à l’instar de l’homme de Barbès évoqué par l’excellent roman de Fatou Diome dans « Le ventre de l’Atlantique » 

La journaliste lui rappelle que "Rajoelina a dénoncé les multinationales et demande comment, vous élu, allez modifier les contrats ?" (Séquence 59mn55)

Le Dr. Jules Etienne de rétorquer : "un président mal élu, puis non reconnu, donc non investi de suffisamment de pouvoir, n’aura pas de pouvoir face aux multinationales" (Séquence 59mn55) comme il l’a déjà dit « lanin’ny malagasy amin’ny fomba madio » « élu correctement par les malgaches » (Séquence 1h01mn52).

Parmi les secteurs porteurs à Madagascar il y a les terres agricoles, les mines et le tourisme (Séquence 1h04mn35) 

La journaliste a parlé des lacunes de la politique du tourisme – tarif aérien trop élevé (Séquence 1h06mn08).

Le Dr. Jules Etienne  a évoqué avec fierté que Nosy Be figure parmi les 10 première destination touristique (chiffre à vérifier… et voir aussi le tourisme sexuel dans ces archipels…) Ensuite il a évoqué la nécessité d’une promotion de Madagascar comme destination touristique (Séquence 1h06mn33) 

Questionné sur le financement de sa campagne (Séquence 1h12mn55) et des 4x4 (Séquence 1h15mn40) le Dr. Jules Etienne explique bénéficier d’un bon réseau de militants à Madagascar et dans le monde entier. 

La journaliste lui demande les effectifs constituant son futur gouvernement (Séquence 1h18mn46) 

D’après le Dr. Jules Etienne, pas plus de 20 ministres (Séquence 1h18mn53)

La journaliste lui demande « le mot de la fin » pour clôre le débat (Séquence 1h19mn01)

Le Dr. Jules Etienne nous invite à la réflexion suivante : « Quel passé ? Quel présent ? Quel avenir ? Et que reste-t-il de la sagesse de nos ancêtres ? Que promettons nous à nos enfants, comment progresser ? »  (Séquence 1h19mn54)

Pour mieux le connaître...
Aux futurs électeurs de répondre à ces questions, à travers leur choix d'un futur président.

En attendant, voici les liens pour découvrir le programme du Dr. Jules Etienne et de son parti MAFI : 
_____________________

Mise à jour ce 05.09.2016 : 

   Le Dr Jules ETIENNE est devenu ministre...  comme le témoigne La Gazette de la Grande Île :

"Ministra Jules Etienne: Mandany andro mitety an’ireo orin’asa efa maty

Tena hita fa dokotera mpitsabo tokoa Ingahy minisitry ny Indostria, Jules Etienne, ka tsy mba azony an-tsaina ny mety ho endriky ny orin’asa tsy nihodina tao anatin’ny 5 taona na 10 taona na 20 taona na mihoatra an’izany. Dia mifamatotra amin’ny fihetsika ataony amin’izany ilay pôlitikan’ny serho iverlany toy ny fanaon-dRavalomanana. Miezaka mandany andro mihitsy mantsy i Jules Etienne mitety an’ireo orin’asa efa tsy nihodina nandritra ny taona maro teto. Amin’ny lafiny iray dia toa rariny izy raha midina ifotony mijery an’ireny orin’asa ireny fa amin’ny lafiny iray kosa dia hita fa mbola tetika isarihana ny fon’ny olona ihany. Izay ilay pôlitikan’ny seho ivelany.
Dia mihevitra ve i Jules Etienne fa tsy mba nanana eritreritra hitady izay hampihodinana indray an’ireny orin’asa nisy teto ireny mihitsy ireo minisitra teo alohany? Na ny orin’asa Sirama any Brickaville io na ny Zeren any Toamasina, na ny Tiko any Andranomanelatra Antsirabe, na ireo hafa rehetra nandaniam-bolabe tamin’ny Repoblika faharoa toy ny Hodima any Ambositra, Zema any Atsimo, Snhu any Toliara, Fitim any Mahajanga, … sy ny maro e!

Dia manao fampielezan-kevitra pôlitika maloto hoe “mba hamerenana ny asa very teo amin’ireo tanora maro.” Tsara avokoa izany tarigetra izany fa aza mandrebireby vahoaka. Angaha izany vitan’ny fihetseham-po na ny faniriana fotsiny? Toa manao ariary zato ampandriana na “valala eny an-danitra ka asiako sira”. Io aza ny filazana hoe “tafaverina ao anatin’ny Agoa isika Malagasy”, tsy hita izay fihetsiky ny minisitry ny Toekarena sy ny minisitry ny Indostria amin’ny tena fampandrosoam-pirenena fa maika fotsiny hamerina ireo mpiasa any anaty orin’asa; nefa niainan’ny maro teto ny asa famonoana olona niainan’ny mpiasa tany amin’ireny orin’asa afa-kaba ireny. Vehivavy mitondra vohoka nefa terena ny mpitsabo tsy hanome azy fotoana ialana sasatra, hany ka teraka ampitsanganana eo am-piasana. Na hisotro rano aza tsy azony natao. Nisy teto izany, ary ohatra iray amin’ireo marobe nanandevozana ny mpiasa Malagasy.

Saingy mafy moa ny manjo an’ireo tsy an’asa ka hararaotina izy ireo amin’ny karama vary masaka sy fepetra iasana maningotra aina.

Eo amin’ny lafiny toekarena dia iza amin’ireo minisitra ankehitriny ireo izao no mba nanana ahiahy hoe “inona avy moa no akotra takian’ireo orin’asa afa-kaba ireo fa toa tsy misy tsy hafarana avy any ivelany?” Aiza ilay antsoina hoe “tissu économique”? Izany hoe ampiroboroboina eto ny sehatra miantoka ny akora hahodin’ireo orin’asa afa-kaba. Na bokotra na kofejy anjairana na ravin-damba hozairina na kojakoja hafa, dia tsy misy mba vokarina eto fa afarana avokoa nefa ireny no isan’ny miteraka harena eto. 20 taona mahery no nisian’ny orin’asa afaka haba teto fa tsy nisy mpitondra fanjakana mba nitaky ny hanajana izany dingana ara-pamokarana izany mba hiteraka harena ho an’ny firenena teto, dia indro indray fa miseho azy ho tena mieritreritra ny hampandrosoana ny toekarena amin’ny alalan’ny famelomana an’ireo orin’asa efa tsy nihodina hatry ny ela ry Jules Etienne.


Kobaka am-bava io ary iza no mahafantatra raha misy tetika maloto hafahafa mifamatotra amin’izany tetika izany any ho any ? "

ss


mardi 30 avril 2013

Dr Julia Rasoazanapara

Née d'un père professeur de mathématiques - physiques et d'une mère couturière en 1915, Julia Rasoazanapara étudie à Avaradrova avant d'entrer à l’Ecole de médecine de Befelatanana. Faisant partie de  la Promotion 1938, elle sera la 728ème médecin et surtout la troisième femme depuis la création de l'École de Médecine à Antananarivo.



Prédestinée à une carrière prometteuse, cette boursière fait sa spécialisation en bactériologie et en parasitologie à Marseille en 1945, sur les Infections à bacille pyocyanique chez le nourrisson.

Par la suite, elle se perfectionnera en pédiatrie sous l'égide du professeur Robert Debré, puis s'investira pour la protection maternelle et infantile à l'assistance publique de Paris de 1949 à 1951.

De retour au pays en 1952, elle sera médecin chef du dispensaire des enfants de Tananarive (1953) avant de diriger l'hôpital des enfants jusqu'en 1957. Dans la même lancée, elle va créer le Centre pilote d'éducation maternelle et de protection infantile de la capitale malgache (1955). Ne manquant pas d'énergie, elle poursuit par la mise en place du Service central de la protection maternelle et infantile de l'éducation sanitaire de la population et de l'hygiène scolaire de Madagascar. L'extension du projet à travers l'île sera aussi appliquée dans d'autres pays.

Reconnue par tous ses confrères, le Dr Julia Rasoazanapara deviendra experte pour la coopération technique internationale au sein de l'OMS en 1960, et en particulier, pour la promotion de la pédiatrie dans les pays en développement, tout en prônant l’éducation sanitaire de la population.


. . .

Son mémoire sur la "Contribution à l'amélioration de la nutrition de l'enfant malgache en fonction des ressources locales de Madagascar" a été publié dans la Revue médicale du Moyen-Orient, Volume 18 - 1961  (p427).

Cette carrière médicale bien remplie fut couronnée par plusieurs titres honorifiques :
  • Chevalier de l'Ordre National malgache
  • Mérite malgache
  • Médaille de bronze des épidémies
  • Officier de l'étoile de la Grande Comore
  • Médaille de bronze de l'Académie de médecine 
Par ailleurs, elle est l'épouse du docteur Guy Jean Marc Chavenon, médecin chef de l'hôpital Girard et Robic.

Sa vie bien accomplie s'achève au mois de février 2012 en France. Elle repose définitivement à Ambohitso­meloka Ambatomanga depuis 6 août de la même année.

samedi 30 mars 2013

Misère physique et spirituelle

La psychiatrie est encore le parent pauvre de la médecine malgache.

Si le Pr Andriantseheno a bien expliqué que "l'augmentation des richesses ne diminue pas les troubles mentaux" alors qu'en est-il des citoyens vivant en -dessous du seuil de pauvreté ?

En 2000, le photographe - Dennis Lam - a révélé la situation catastrophique de malgaches dans un toby aux environs de Toliara.


Voir la galerie photo
Cet article n'a pas vocation à condamner les responsables du toby, puisqu'ils se soucient encore de ces gens... mais une invitation à la réflexion de la place de tout un chacun à laisser ses compatriotes dans ces conditions.

Ce fabuleux photographe a aussi apporté une réponse à ma question dans l'article du 12 juin 2012 intitulé "Médecine traditionnelle - Ombiasy - Guérisons" au sujet d'une mystérieuse décoration...

__________________

Mise à jour de la page ce 19.07.2018 :




mardi 26 février 2013

Tuberculose en 1968

Après avoir sillonné pendant trois ans (1962-1965) la province de Majunga à la tête du groupe mobile d'hygiène, pour effectuer des radiographies pulmonaires et des vaccinations BCG ainsi que d'innombrables consultations en brousse, le Dr. Joseph Charles RAMARLAH se retrouve affecté à l'Institut d'Hygiène Social (IHS) de Tananarive entre 1965 et 1968.

Il va encore passer ces trois autres années à lutter contre la tuberculose. Dorénavant, il fait partie du Département de la Tuberculose, dirigé par le Dr. Marthe SCHAFFNER RAZAFINDRAHABA à l'IHS de Tananarive.

Première de couverture

Un aperçu de leur travail est publié lors du Premier Congrès International des Sciences Médicales de Madagascar à Tananarive du 02 au 12 avril 1968.


page 283 (pour agrandir le document, cliquez dessus, puis ouvrez-le dans un nouvel onglet)

Le Pr. MANDE a déjà souligné la qualité du travail de toute l'équipe.

pages 285 & 294

page 361

page 396 (pour agrandir le document, cliquez dessus, puis ouvrez-le dans un nouvel onglet)

Devenue professeure agrégée, le Dr. Marthe SCHAFFNER RAZAFINDRAHABA reconnaît la somme de travail fournie par le Dr. Joseph Charles RAMARLAH à l'époque. 




samedi 19 janvier 2013

2013 et après ?

Cette nouvelle année est l'occasion de faire le bilan sanitaire du service de santé malgache.

Trente huit ans après la promesse d'un "paradis socialiste", force est de constater que la dure réalité des malgaches confirme la maxime "l'enfer est pavé de bonnes intentions".

Cependant avant de jeter l'enfant avec l'eau du bain, voyons le contenu du programme de santé publique élaboré et publié par Didier Ratsiraka le 26 aôut 1975 dans le Livre Rouge : 

"DE LA SANTÉ PUBLIQUE"

«Mens sana in corpore sano» avons nous dit pour la promotion de l'homme malgache. Le droit à la santé et au bien être est une aspiration légitime du peuple malgache mais ce droit à la santé, pour être satisfait, exige l'existence d'un personnel médical suffisant en nombre, et une infrastructure médicale convenable en quantité et en qualité. Ce qui, il faut bien l'admettre, est loin d'être le cas.

Les structures sanitaires actuelles dont la plupart sont héritées de l'ère coloniale ont été conçues en fonction des besoins de la minorité dominante.

Les hôpitaux, les postes sanitaires étaient installés là où se trouvait la plus forte concentration de la classe dominante, donc dans les villes au détriment des campagnes.

La situation n'est guère plus brillante aujourd'hui. La pathologie dominante à Madagascar est constituée par les maladies transmissibles. Elles atteignent les groupes les plus vulnérables : femmes enceintes, nourrissons, enfants d'âge préscolaire et scolaire, paysans adultes. Elles se localisent dans un milieu de prédilection : le monde rural, en raison des facteurs contributifs défavorables régnant dans cet environnement :
  • le manque de moyens sanitaires déjà cité
  • la malnutrition
  • l'absence quasi totale de dispositif en matière d'hygiène
seulement :
  • 1,5 % des maisons sont dotées de puits
  • 3 % de fosses à ordures
  • 6 % de latrines
et seulement :
  • 16 % de la population rurale disposent  d'une adduction d'eau potable.
Enfin, derniers facteurs défavorables :
  • le comportement culturel de nos populations enracinées dans certaines traditions séculaires
  • et l'agressivité de l'environnement physique (zone subdésertique du Sud, littoral Est régulièrement frappé par les dépressions tropicales). 
Il est évident que sur cette pathologie (maladies transmissibles) une thérapeutique uniquement curative sera vouée à l'échec. Vu les lourdes charges que cela implique pour l'Etat, c'est là une médecine de pays nantis.

Seule une orientation sanitaire tournée vers l'éducation de masse et la prévention aura plus de prise et d'efficacité.

Du point de vue de l'organisation et de l'utilisation des moyens sanitaires (personnel, matériel, budget) nous constatons un déséquilibre qu'il convient de redresser dans les meilleurs délais.

Le Personnel

Il y a relativement une insuffisance plus quantitative que qualitative. Au 1er  Janvier 1973, Madagascar ne compte qu' 1 médecin pour 12.000 habitants  - et la répartition géographique révèle une trop grande disparité :
  • 1 médecin pour 6 000 habitants dans la Province de Tananarive
  • 1 médecin pour 16 000 habitants pour Majunga
  • 1 médecin Pour 22 000 habitants Pour Fianarantsoa
  • 450 médecins (chiffre Officieux) travailleraient en France, pour moins de 670 à Madagascar (fuite de cerveaux).
De plus :
  • 170 médecins travaillent dans le privé ou dans les formations inter entreprises
  • 26 Chirurgiens dentistes dans le privé contre 14 dans le secteur public
  • 66 pharmaciens contre 31 dans le secteur public.
L’INFRASTRUCTURE ET LEQUIPEMENT

5 hôpitaux principaux et 1 hôpital général seulement fonctionnent dans le secteur publie contre 3 dans le secteur privé - ce qui favorise encore l'exode du personnel de l'Etat Pour le secteur privé où le personnel médical est attiré par des émoluments et des honoraires plus confortables.

LE BUDGET

Il est patent que ce budget est nettement insuffisant eu égard aux besoins du pays. De plus il est inégalement réparti entre les villes et les campagnes.

1,25 milliards Pour les hôpitaux des villes contre 2 milliards seulement pour les formations des campagnes où vivent 85 % de la population, d'où un écart de 1000 à 28 entre Tananarive et sa campagne.

Enfin, l’utilisation du budget de la «Santé» n'est pas très rationnelle :
  • 62 % sont utilisés en salaire du personnel
  • 20 % pour les médicaments
  • 15 % pour le fonctionnement proprement dit
  • 3 % seulement pour l'entretien des bâtiments.
Par conséquent, vu :
  •  la faiblesse des moyens budgétaires
  • l'insuffisance en personnel
  • le nombre élevé (100) de formations sanitaires dont l'ouverture est différée sinon arrêtée faute de moyens
  • les déséquilibres régionaux entre villes et campagnes - entre secteur public et secteur privé…
Le Gouvernement prendra des mesures strictes pour :
  • mieux utiliser les moyens existants
  • mieux entretenir le patrimoine actuel
  • améliorer le fonctionnement des petites formations rurales
  • planifier sérieusement la création des formations nouvelles en fonction des besoins et des moyens et en fonction d'une meilleure justice sociale
  • intensifier et accélérer la formation des cadres
  • décentraliser des 1976 les écoles d'infirmiers diplômés d'Etat à l'instar des écoles de sages femmes
  • utiliser de façon optimale le service national rénové (voir armée nationale populaire)
  • multiplier les équipes sanitaires mobiles
  • revoir les conditions d'agrément du personnel médical dans le secteur privé
C'est seulement au prix de ces efforts et sacrifices que nous pouvons assurer pleinement la prévention de la maladie. Cette prévention nécessite l'organisation de vastes campagnes de prophylaxie, exigeant la mobilisation de toutes les bonnes volontés (médecins. étudiants, techniciens sanitaires, forces armées…)

Les programmes d'enseignement doivent être orientés en fonction de ces objectifs et de ces nécessités.

(page 91 - page 95)
J'invite les candidats à la prochaine élection présidentielle à méditer sur les raisons de l'échec de ce charmant programme qui aurait fait le bonheur de tous.

Pour ma part, voici quelques raisons :
  • Le manque d'exemplarité (les dirigeants n'ont pas appliqué l'austérité imposée au peuple, alors qu'ils continuaient à baigner dans leur privilège)
  • L'achat de Mig et d'armements divers s'est fait au détriment de la santé publique
  • La politique contre la fuite des cerveaux était vide de substance puisque cela perdure encore (beaucoup de diplômés des universités malgaches aussi deviennent chauffeurs de taxi pour survivre)
  • Le programme d'éducation de la population à l'hygiène se limitait à la condamnation des "traditions séculaires" alors que cela aurait pu être un levier de développement (par exemple, la mise en valeur de la phytothérapie. (savoir des devins guérisseurs) - (artemisinine)


 Faut-il encore attendre

                    trente autres années                           

                                                       

avant de prendre son destin en main ? 
                                                            

____________________

Mise à jour ce 07.07.2018 :

    Entre 1975 et 2017, qu'est-ce qui a changé dans les campagnes malgaches en terme de soins ?

   Pas grand chose d'après le témoignage de ce photoreporter... 

(photoreportage de James Patrcik)